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Calvaire de Bernugat
Chemin de croix de BernugatIl y a 120 ans, en 1886, le pape Léon XIII accorda un jubilé extraordinaire. Une telle initiative invitait évêques et prêtres à organiser diverses manifestations destinées à raviver la foi de leurs ouailles. L'abbé Gergaud, curé de Saint-Gildas-des-Bois, entreprit donc de faire prêcher une retraite qui se déroula du 17 au 24 octobre et de marquer l'évènement par l'érection d'un calvaire sur la butte de Bernugat.
Les travaux préparatoires débutèrent dès janvier 1886. La rénovation de l'abbatiale entreprise entre 1884 et 1886 avait fait accumuler des débris de démolition et de la terre provenant du cimetière. Les paroissiens furent invités à charroyer jusqu'à Bernugat pour élever un tertre destiné à recevoir les croix.
L'ouverture du jubilé eut lieu le dimanche 17 octobre 1886. L'abbé Gergaud avait fait appel au R.P Gahier pour prêcher la retraite. Après vêpres eut lieu la première procession sur le site pour le mettre sous la protection de la Vierge. Ce ne fut pas la liesse rêvée ! Tout le monde rentra transi et crotté après avoir écouté stoïquement le sermon du missionnaire dans le vent et sous la pluie.
Dans le cours de la semaine, chaque jour, deux exercices avec sermon, rassemblèrent une foule nombreuse. On demanda le renfort des curés voisins pour les confessions.
Le vendredi 22 octobre, sans cérémonie, on planta les trois croix. La croix centrale avait été confectionnée par les frères à partir d'un magnifique pied d'arbre offert par la Communauté. Le Christ provenait de l'ancienne croix du cimetière qui y avait été placée et bénie le 25 septembre 1863. Elle était flanquée des deux croix des larrons.
Ecce Homo avant rénovation 1997Vint le dimanche 24 octobre, jour attendu de l'inauguration. On prépare les lieux le matin sous une pluie battante. Heureusement, en début d'après-midi, la pluie cesse. Après vêpres, une grande procession s'ébranle, bannières au vent, présidée par l'abbé Desnaurois, Supérieur général de la Communauté. Elle se déroule dans un ordre parfait. En tête, sur deux rangs, les filles suivies des femmes ; ensuite, toujours sur deux rangs, les garçons suivis des hommes. En fin de cortège, le clergé. On part par la route de Redon. Après la bénédiction du calvaire par l'abbé Desnaurois, la foule écoute durant une heure, l'homélie de R.P Gahier. Puis toujours en procession, on réintègre l'abbatiale en passant par l'étang des Sœurs et la route de Guenrouët au chant du cantique "Chers amis, travaillons d'allégresse". Après une dernière prière la foule se disperse. Bernugat est désormais un lieu consacré.
A l'origine, la grotte n'existait donc pas. L'abbé Gergaud en entreprit la construction dans les mois qui suivirent. Le 26 août 1888, il y plaça une statue de Notre Dame des Sept Douleurs. Les gildasiens prirent l'habitude de venir y prier la Vierge aux intentions les plus diverses. On voit encore actuellement les plaques déposées en remerciement des prières exaucées.
Au fil des années, les intempéries eurent raison des deux croix des larrons. Elles ne furent pas remplacées. A l'emplacement de l'une d'elles, l'abbé Henry Gouy fit placer une statue de l'"Ecce Homo", bénie le 9 avril 1933.
Calvaire de BernugatEn 1956, l'abbé Émile Houssais, curé, réalise à l'occasion d'une clôture de mission un projet qui tenait à cœur depuis vingt ans à son prédécesseur, l'abbé Delhommeau, l'érection d'un chemin de croix qui, partant du chemin dans le prolongement actuel de la rue de l'Eau vive, gagnerait en sous-bois le calvaire de Bernugat. Les paroissiens prêtent volontiers leur concours. Les croix de fer sont forgées par Albert Macé, les croisillons de bois qui s'y insèrent sont assemblés par Jean Baron et peints par Paul Bouchy. Chaque croix est scellée dans un socle en béton par Jean Rambaud. On ôte la statue de l'Ecce Homo du calvaire pour la placer à l'entrée du chemin de croix, en bordure du chemin, avant la première station.
Tout est prêt pour la clôture de la mission, le dimanche 2 décembre 1956 où, en présence de trois cents personnes, le R.P Donatien Gervin, franciscain, prédicateur de la mission, bénit les quatorze stations du chemin de croix. Ecce Homo
Pendant des dizaines d'années, on processionna au Calvaire de Bernugat.
Puis après le Concile Vatican II, ce type de dévotion fut peu à peu abandonné. Les Gildasiens ne désertèrent pas pour autant le site et en firent un lieu de promenade ou de pique-nique. Certains continuent à en faire un lieu de recueillement et de prière.
La croix centrale, vermoulue, fut abattue par la tempête du 12 mars 1967. On demanda à Louis Clément d'exécuter une croix en béton, plus résistante. On remplaça, par la même occasion, les bancs en bois par des bancs en béton. Cette nouvelle croix sur laquelle fut placé le Christ d'origine fut bénie le 17 septembre 1967.
La statue de la Vierge placée dans la grotte, après 108 ans de vénération, a été vandalisée par des adolescents en mal d'occupation. Les sœurs de la Communauté l'ont remplacée par une statue représentant la Vierge de la rue du Bac.
Du chemin de croix, il ne reste plus que les socles en béton, peu à peu envahis par la végétation et la statue de l'Ecce Homo, elle en bon état a été récemment rénovée.
La Municipalité prête son concours à l'entretien de tous ces vestiges qui rappellent aux anciens toute une période de leur jeunesse.

